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« Je suis flexitarien ». Vous avez peut-être, au détour d’une palabre, entendu cet adjectif aussi abscons qu’inepte. Le flexitarisme est le néologisme de l’absurde : c’est une négation de l’éthique de conviction au profit d’un égoïsme vaniteux qui se pare des apparats de la raison. Le flexitarien est, je cite, « un végétarien qui mange occasionnellement de la viande » ; l’énoncé est d’une incongruité rare, comme si Monsanto vendait occasionnellement des semences bio. Non-content d’être l’enfant maudit de ce paradoxe, le flexitarien est l’inclusion méphitique de toute une frange de la population qui se ravit d’être ainsi qualifiée : le flexitarisme ne […]

Diatribe contre le « flexitarisme »


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« C’est un fait social […] nous mangeons de la viande parce que les individus, dans leur immense majorité, en consomment. » J’aime la viande. J’aime son fumet, le crépitement de sa cuisson, toute la fantasmagorie qui enveloppe dans un écrin d’authenticité la substantifique moelle de ce qu’on appelle un « produit du terroir ». On est conditionné, dès le plus jeune âge, à consommer cette chair réputée indispensable à la santé : on nous vante ses apports en fer, en protéines… Pour les petits hommes, on leur dit que ça rend costaud, que c’est consubstantiel à l’image de vrai mec que tout homme […]

Comment le « viandard » est devenu végane et antispéciste.


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Le titre de ce billet fera sourire les plus fins connaisseurs des bons mots de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, le « diable boiteux ». Toujours est-il que le poids des années n’a rien enlevé à la superbe de cette phrase qui, à l’instar des plus belles saillies de Benjamin Constant sur l’intérêt des politiques à se maintenir dans l’exercice de leur fonction, reste cruellement actuelle. Il me paraît bien inutile de rappeler les méfaits établis ou présumés de nos augustes candidats à la plus haute fonction de l’État : je n’ai d’yeux que pour celles et ceux qui, épris d’une dissonance cognitive d’une […]

La politique, l’art d’agiter le peuple avant de s’en servir…



« La montagne n’est pas une réserve d’indigènes pour bobos parisiens », « Ferme ta gueule. Moi, je parle à tout le monde. Tu n’y connais rien. Tu ne connais que les bobos ! », « Je ne les supporte plus. Cette chaîne de bobos horribles… » (à propos de Canal+). Il y a quelques jours, la blogueuse Klaire répondait avec maestria aux anathèmes prononcés par nos politiques à l’égard de celui qui est désigné comme l’ennemi à abattre : le bobo. On connaît la célèbre tirade de Nietzsche : « Le diable est dans les détails ». Derrière ce mot, d’innombrables clichés : le bobo est ce […]

Le bobo, l’ennemi à abattre.


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Monsieur le sénateur, Paul Éluard disait : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. » Force est de constater qu’il se pourrait bien que vous fussiez aller ripailler à plein ventre avec Monsieur Michel Louis, directeur du zoo d’Amnéville ! Il y a, en effet, une coincïdence pour le moins troublante entre la lettre envoyée par ce dernier à votre confrère M. le député-maire d’Aix-les-Bains et votre hallali envers les « mouvements animalistes » si poliment décriés dans sa missive. Les Français vous en remercieront, Monsieur le sénateur, car cela va sans dire qu’ils sont davantage préoccupés par […]

À M. Jean-Louis Carrère, sénateur des Landes.


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Cher Monsieur, Je me permets de vous écrire cette lettre ouverte car j’ai pris connaissance, non sans une certaine indignation, de la missive que vous avez fait parvenir à Monsieur Dominique Dord, député-maire d’Aix-les-Bains. Votre épître, qui eût gagné à être relue (soit dit en passant), contient de nombreux propos fallacieux sur lesquels j’aimerais revenir. Loin de moi l’idée de me montrer irrévérencieux à l’égard de votre personne, il apparaît néanmoins que vous semblez bien mal connaître les individus sur lesquels vous jetez l’opprobre ou pire encore, que vous faites preuve d’une mauvaise foi éhontée. Vous qualifiez — et nous […]

Lettre ouverte à M. Michel Louis, directeur du Zoo d’Amnéville.



Le changement. Un certain Président nous disait il y a quelque temps que « Le changement, c’est maintenant ! ». Il n’y a pas de notion de progrès, c’est une modification qui peut aussi bien être positive que négative, mais tous s’accordent à dire qu’« il faut que ça change » : derrière le voile diaphane d’une expression trop souvent prononcée on y voit les velléités d’un désir de progrès. Devant la machine à café, sur la terrasse d’un vieux bistrot, devant leur poste de télévision : le changement est sur toutes les lèvres. Les réseaux sociaux sont la nouvelle agora d’une […]

Changer ? Mais vous n’y pensez pas !


Au détour des rues, on voit des nuées d’employés du bâtiment câbler les nouveaux éclairages publics. On hâte le pas en levant la tête : ils ont tous cette même froideur, ce même teint blafard. Intérieurement, on se dit que cette frissonnante lumière blanche siéra à ravir aux frimas des nuits et des matins hivernaux ; les nuits blanches trouveront là une nouvelle illustration. Le nez dans l’écharpe, on se remémore non sans plaisir les lointaines fantaisies de l’enfance. Il n’y a guère plus d’excentricités à l’âge adulte. On psalmodie Mill : « Que si peu de gens osent maintenant être […]

Brèves hivernales


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Nous jugeons tous. C’est un phénomène global, élémentaire et parfois inconscient parce qu’ancré dans les imperceptibles rouages de notre existence. La somme de ce que nous sommes forme le jury le plus implacable et le plus péremptoire qui soit : sont la balance, la plume et l’épée l’ensemble des codes et des normes qui nous ont avilis. Notre mécanique a été conçue par des externalités sournoises qui n’ont jamais cessé de biaiser nos regards : l’impartialité dont nous nous réclamons parfois est de facto dupée par les biais induits par le prisme normatif auquel nous nous soumettons tacitement. Quand d’aucuns […]

Comprendre plutôt que juger.