« La montagne n’est pas une réserve d’indigènes pour bobos parisiens », « Ferme ta gueule. Moi, je parle à tout le monde. Tu n’y connais rien. Tu ne connais que les bobos ! », « Je ne les supporte plus. Cette chaîne de bobos horribles… » (à propos de Canal+). Il y a quelques jours, la blogueuse Klaire répondait avec maestria aux anathèmes prononcés par nos politiques à l’égard de celui qui est désigné comme l’ennemi à abattre : le bobo. On connaît la célèbre tirade de Nietzsche : « Le diable est dans les détails ». Derrière ce mot, d’innombrables clichés : le bobo est ce […]

Le bobo, l’ennemi à abattre.


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Monsieur le sénateur, Paul Éluard disait : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. » Force est de constater qu’il se pourrait bien que vous fussiez aller ripailler à plein ventre avec Monsieur Michel Louis, directeur du zoo d’Amnéville ! Il y a, en effet, une coincïdence pour le moins troublante entre la lettre envoyée par ce dernier à votre confrère M. le député-maire d’Aix-les-Bains et votre hallali envers les « mouvements animalistes » si poliment décriés dans sa missive. Les Français vous en remercieront, Monsieur le sénateur, car cela va sans dire qu’ils sont davantage préoccupés par […]

À M. Jean-Louis Carrère, sénateur des Landes.


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Cher Monsieur, Je me permets de vous écrire cette lettre ouverte car j’ai pris connaissance, non sans une certaine indignation, de la missive que vous avez fait parvenir à Monsieur Dominique Dord, député-maire d’Aix-les-Bains. Votre épître, qui eût gagné à être relue (soit dit en passant), contient de nombreux propos fallacieux sur lesquels j’aimerais revenir. Loin de moi l’idée de me montrer irrévérencieux à l’égard de votre personne, il apparaît néanmoins que vous semblez bien mal connaître les individus sur lesquels vous jetez l’opprobre ou pire encore, que vous faites preuve d’une mauvaise foi éhontée. Vous qualifiez — et nous […]

Lettre ouverte à M. Michel Louis, directeur du Zoo d’Amnéville.



Le changement. Un certain Président nous disait il y a quelque temps que « Le changement, c’est maintenant ! ». Il n’y a pas de notion de progrès, c’est une modification qui peut aussi bien être positive que négative, mais tous s’accordent à dire qu’« il faut que ça change » : derrière le voile diaphane d’une expression trop souvent prononcée on y voit les velléités d’un désir de progrès. Devant la machine à café, sur la terrasse d’un vieux bistrot, devant leur poste de télévision : le changement est sur toutes les lèvres. Les réseaux sociaux sont la nouvelle agora d’une […]

Changer ? Mais vous n’y pensez pas !


Au détour des rues, on voit des nuées d’employés du bâtiment câbler les nouveaux éclairages publics. On hâte le pas en levant la tête : ils ont tous cette même froideur, ce même teint blafard. Intérieurement, on se dit que cette frissonnante lumière blanche siéra à ravir aux frimas des nuits et des matins hivernaux ; les nuits blanches trouveront là une nouvelle illustration. Le nez dans l’écharpe, on se remémore non sans plaisir les lointaines fantaisies de l’enfance. Il n’y a guère plus d’excentricités à l’âge adulte. On psalmodie Mill : « Que si peu de gens osent maintenant être […]

Brèves hivernales


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Nous jugeons tous. C’est un phénomène global, élémentaire et parfois inconscient parce qu’ancré dans les imperceptibles rouages de notre existence. La somme de ce que nous sommes forme le jury le plus implacable et le plus péremptoire qui soit : sont la balance, la plume et l’épée l’ensemble des codes et des normes qui nous ont avilis. Notre mécanique a été conçue par des externalités sournoises qui n’ont jamais cessé de biaiser nos regards : l’impartialité dont nous nous réclamons parfois est de facto dupée par les biais induits par le prisme normatif auquel nous nous soumettons tacitement. Quand d’aucuns […]

Comprendre plutôt que juger.



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25 ans. Les plus taquins parleront à tue-tête de « quart de siècle » tandis que les plus pragmatiques argueront qu’il s’agit de l’acmé de la jeunesse. Je flotte entre deux eaux, tiraillé par l’oppression terrifiante des années qui s’enfuient et l’incessant désir de jouir de chaque seconde qui s’écoule. Le faix du temps a fait infléchir mes goûts. Je ne peux que me résoudre à admettre que « la crise des 25 ans » est une bien triste réalité : j’apprécie désormais le chocolat noir et le café sans sucre. Il me paraît pourtant incongru de prendre plaisir à ressentir l’amertume du temps […]

Tempus fugit


La fugacité d’un regard, d’un mot, d’un geste. Tout s’envole puis dépérit sans jamais révéler le sens secret des choses. Je suis une rive tourmentée, violentée par le fracas des vagues, étourdie par le vacarme du vent et hantée par la noirceur du ciel. Le temps nous emporte et nous écrase avec la même véhémence ; rares sont ceux qui arpentent toutes les dimensions de l’absence sans jamais sombrer dans ses funestes torrents : on thésaurise toutes les unités du temps sans même jouir de la richesse de l’instant présent. Sur le rivage jonche l’épave de nos rêves et de […]

L’éveil, décence.


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Un manuscrit d’Honoré de Balzac. La vie est telle qu’elle correspond parfaitement à cette illustration : chargée, pleine de ratures et d’annotations, jaunissant sous le faix du temps. L’humain, pauvre mortel, n’est au final qu’un personnage de cette vaste comédie humaine, condamné à suivre la voie toute tracée qui a été écrite pour lui. Et si tout est écrit, alors il n’y a plus de libre-arbitre : il ne reste que le choix d’options menant inexorablement à la même issue, une liberté chimérique octroyée par un habile marionnettiste. L’existence est alors la plus discrète de nos lectures : on se […]

Et si tout est écrit…