Slice of life

Je partage avec vous ces « tranches de vie ». Points de vue d’un bobo gaucho.


Il y a une semaine, je vous contais les raisons pour lesquelles j’ai supprimé mon compte Facebook. Si le conditionnement pavlovien qui consistait à ouvrir les applications du géant de Menlo Park et à « scroller » frénétiquement a désormais disparu (ce qui représente un sérieux gain de temps — et de « temps de cerveau disponible »), cela n’en fait pas la panacée pour quiconque se préoccupe de l’usage de ses données personnelles, prodigalement disséminée ça et là sur les Internets. En la matière, Google est probablement l’entreprise dont nous devrions nous méfier à bien des égards. Pour toute personne possédant un smartphone […]

La vie sans Google (ou presque).


I’d have to pack my things and go. J’ai consciencieusement fait mon carton. Cela aurait fait dix ans l’an prochain. Une éternité dans le vaste monde des Internets. C’était devenu une habitude, un reflexe, presque une drogue. Un comportement abusif disent les spécialistes : on l’ouvre d’un geste compulsif, le matin au réveil, on le consulte dès qu’on a une minute devant soi, on prend son shoot de scroll, son fix de bauds. Le phénomène FOMO (Fear Of Missing Out) nous pousse à consulter toujours plus, par réflexe. On l’ouvre pour fuir, le temps d’un coup d’œil sur le newsfeed, […]

Pourquoi j’ai quitté Facebook.


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Le Monde titre encore en ce 20 juillet 2017 « Depuis 1950, l’Homme a fabriqué plus de 8,5 milliards de tonnes de plastiques ». Il faut dire que les ravages du consumérisme poussent l’humain à rivaliser d’ingéniosité lorsqu’il s’agit de repousser les limites de l’absurde, au point de recouvrir certains fruits d’une peau composée de polymères, comme s’il ignorait que Mère Nature l’en avait déjà doté. Le sur-emballage, fléau sur lequel on jette l’anathème depuis trop de temps déjà, ne semble pas décroître ; atteints d’une fragilité insoupçonnée, certains connecteurs d’objets informatiques ont semble-t-il besoin d’un mince film plastique contenu dans un […]

Vers le zéro déchet.



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Tel est le crédo d’une vie à vau-l’eau. Il y a quelque temps, un impérieux besoin de changement m’a incité à changer d’emploi : je rejoins ainsi chaque jour la capitale du potentat Henri, un périple quotidien jalonné l’aléas et d’étapes ritualisées ; pas un jour sans que je n’enfourche mon vélo, lequel ne quitte jamais ma citadine. Il faut avouer qu’à l’instar des autres capitales, celle dans laquelle j’ai le plaisir d’exercer ma profession connaît son lot de congestions de trafic : le deux-roues est donc un allié précieux, et ce en dépit des hourvaris climatiques (chevaucher une bicyclette […]

Vélo, boulot, dodo.


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Les Primaires citoyennes de la Gauche. Un événement que j’ai balayé d’un revers de main, maugréant à qui voulait l’entendre que rien ne saurait attirer ma bienveillance au sein de cet aréopage au nom décidément trop obséquieux : la Belle Alliance Populaire. Je n’ai pour seul souvenir que les facéties de l’histrion Bennahmias, reprises par des Internets jamais avares de bons mots. Vous imaginez donc bien que choisir un(e) candidat(e) d’un bord politique dans lequel je ne me reconnaissais aucunement (pas plus que je ne me reconnaissais à droite, au grand dam de l’opinion qui se borne à placer les […]

J’aurais pu aller voter à la primaire de la gauche.


Rouge. Comme les mots « libre » et « opprimés » qui brillaient par leur force Place de la République : « Personne n’est libre quand d’autres sont opprimés. » Rouge, couleur ambigüe qui traduit aussi bien l’amour que la colère, et qui seyait à ravir à la marée humaine à laquelle j’ai pris part. Tout comme cette lettre que j’aurais aimé pouvoir adresser à mon Moi de 16 ans, j’aurais aimé pouvoir dire à mon moi du passé que rien n’est immuable et qu’il ira, un beau jour de juin, battre le pavé avec la femme qu’il aime pour défendre une cause qui […]

Marche pour la fermeture des abattoirs : première manif…



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« C’est un fait social […] nous mangeons de la viande parce que les individus, dans leur immense majorité, en consomment. » J’aime la viande. J’aime son fumet, le crépitement de sa cuisson, toute la fantasmagorie qui enveloppe dans un écrin d’authenticité la substantifique moelle de ce qu’on appelle un « produit du terroir ». On est conditionné, dès le plus jeune âge, à consommer cette chair réputée indispensable à la santé : on nous vante ses apports en fer, en protéines… Pour les petits hommes, on leur dit que ça rend costaud, que c’est consubstantiel à l’image de vrai mec que tout homme […]

Comment le « viandard » est devenu végane.


« La montagne n’est pas une réserve d’indigènes pour bobos parisiens », « Ferme ta gueule. Moi, je parle à tout le monde. Tu n’y connais rien. Tu ne connais que les bobos ! », « Je ne les supporte plus. Cette chaîne de bobos horribles… » (à propos de Canal+). Il y a quelques jours, la blogueuse Klaire répondait avec maestria aux anathèmes prononcés par nos politiques à l’égard de celui qui est désigné comme l’ennemi à abattre : le bobo. On connaît la célèbre tirade de Nietzsche : « Le diable est dans les détails ». Derrière ce mot, d’innombrables clichés : le bobo est ce […]

Le bobo, l’ennemi à abattre.


Mon cher Natroll, Tu seras peut-être stupéfait en lisant ces quelques mots et tu te demanderas qui est ce curieux « Natroll ». Tu as 16 ans, et tu ne t’approprieras ce pseudonyme que d’ici deux ans, lorsque tu daigneras enfin t’inscrire sur Facebook, légère soumission à ce conformisme que tu abhorres tant. Tu auras néanmoins l’éclatante idée de te jouer des lettres et des mots en adoptant ce nom et il te suivra bien plus que tu ne l’oseras l’imaginer. En ce moment, tu dois probablement passer tes journées à te rendre au lycée sans réel entrain mais dans la droite […]

Lettre à Natroll, 16 ans.