Musique

Parce que sans musique, la vie serait une erreur !


À Frédéric Chopin

Il est peut-être ce que la Lorraine a fait de meilleur. À travers son géniteur, Nicolas Chopin, né à Marainville-sur-Madon (Vosges), il est cette amitié franco-polonaise, il est l’héritier du sang commun qui unit Lorrains et Polonais.

Frédéric Chopin. Son portrait (peint par Maria Wodzińska) trône fièrement à l’entrée de mon appartement. Cet illustre compositeur romantique est certainement l’un des plus appréciés de son temps (comme Simone Signoret…) et reste encore aujourd’hui l’un des plus joués. Ce valétudinaire connut un destin hors du commun : de sa liaison avec Amantine Dupin, baronne Dudevant (plus connue sous le nom de George Sand) à son amitié avec Franz Liszt en passant par son désamour pour la musique d’un autre Franz (Schubert), il s’est inscrit durablement dans son époque ; il s’est inspiré de ceux qui l’ont précédé et a inspiré ceux qui lui ont succédé.

Sa musique ne laisse personne indifférent : Lemon Incest (étude op.10 n°3 « Tristesse »), Dexter (nocturne op.9 n° 2), The Walking Dead (« Tristesse » encore), Real Humans (nocturne op.9 n° 1), le Pacificateur (nocturne op.55 n° 1) ou dernièrement (dans un tout autre registre !) les Tutos (« Tristesse » toujours), nombreux sont ceux qui utilisent sa musique et nombreux sont ceux qui l’écoutent, parfois sans même le savoir.

Lorsque l’on ne rend pas un hommage discret au compositeur, c’est l’œuvre tout entière qui salue sa mémoire : les joueurs penseront à Eternal Sonata, les littéraires et les amateurs du 7e art au livre (puis film) Le Pianiste qui retrace l’existence de Władysław Szpilman.

Je ne saurais dire ce que j’aime le plus dans la musique de Chopin. La synergie des notes et des silences, ou peut-être ce qui forme le Tout, ou encore l’âme de ses œuvres que l’on explore à chaque écoute et qui raconte une histoire différente à chaque interprète… En parlant d’interprète, j’aimerais aborder celle qui pour moi retranscrit le mieux Chopin : Brigitte Engerer.

Je n’ai certes pas les connaissances nécessaires en musicologie pour juger de son respect des partitions mais ses interprétations sont pour moi les plus mélodieuses, les plus parlantes : elles sont celles qui me font le plus frissonner et les frissons sont les hourvaris du cœur.
Mme Engerer aura joué jusqu’à la fin en donnant son dernier concert 11 jours avant que son cancer ne l’emporte, le 23 juin 2012. Jusqu’au bout, elle aura vécu la musique. Car elle ne se contentait pas d’interpréter, elle vivait la musique.
Il suffit de la voir à l’œuvre pour s’en convaincre.

Je ne peux que vous encourager à écouter et à aimer Frédéric Chopin. Des nocturnes, des préludes, des valses ou des mazurkas, il y a, je le crois, une œuvre qui n’attend que nous. Comme il le disait si bien lui-même : « Bach est un astronome qui découvre les plus merveilleuses étoiles. Beethoven se mesure à l’univers. Moi, je ne cherche qu’à exprimer l’âme et le coeur de l’Homme. »