Littérature

Parce qu’il faut mêler à la folie un grain de sagesse…


Au détour des rues, on voit des nuées d’employés du bâtiment câbler les nouveaux éclairages publics. On hâte le pas en levant la tête : ils ont tous cette même froideur, ce même teint blafard. Intérieurement, on se dit que cette frissonnante lumière blanche siéra à ravir aux frimas des nuits et des matins hivernaux ; les nuits blanches trouveront là une nouvelle illustration. Le nez dans l’écharpe, on se remémore non sans plaisir les lointaines fantaisies de l’enfance. Il n’y a guère plus d’excentricités à l’âge adulte. On psalmodie Mill : « Que si peu de gens osent maintenant être […]

Brèves hivernales


La fugacité d’un regard, d’un mot, d’un geste. Tout s’envole puis dépérit sans jamais révéler le sens secret des choses. Je suis une rive tourmentée, violentée par le fracas des vagues, étourdie par le vacarme du vent et hantée par la noirceur du ciel. Le temps nous emporte et nous écrase avec la même véhémence ; rares sont ceux qui arpentent toutes les dimensions de l’absence sans jamais sombrer dans ses funestes torrents : on thésaurise toutes les unités du temps sans même jouir de la richesse de l’instant présent. Sur le rivage jonche l’épave de nos rêves et de […]

L’éveil, décence.


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Un manuscrit d’Honoré de Balzac. La vie est telle qu’elle correspond parfaitement à cette illustration : chargée, pleine de ratures et d’annotations, jaunissant sous le faix du temps. L’humain, pauvre mortel, n’est au final qu’un personnage de cette vaste comédie humaine, condamné à suivre la voie toute tracée qui a été écrite pour lui. Et si tout est écrit, alors il n’y a plus de libre-arbitre : il ne reste que le choix d’options menant inexorablement à la même issue, une liberté chimérique octroyée par un habile marionnettiste. L’existence est alors la plus discrète de nos lectures : on se […]

Et si tout est écrit…



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Elle s’était enfuie, dissipée, évaporée dans ce mur de brume ; sans dire un mot, sans coup férir, sans caresse ni froissement. Il n’y avait donc eu aucune frustration, aucune déception, seulement du vide… Du vide. Il reposa son stylo et inclina la tête : ses yeux étaient écarquillés et son front, parsemé de rides. « Enfuie ». Sous ses doigts, la page conservait une blancheur immaculée ; sourires et railleries, l’hétaïre restera chaste. Le silence est parfois le plus insupportable des vacarmes. Il voulait entendre la pointe de son stylo grignoter le papier, il voulait l’entendre hurler, tourner les pages comme […]

Page blanche.


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« Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. » À l’horizon, je ne vois que les champs à nu et les arbres bigarrés. Du vert, du jaune, de l’orange, du rouge, parfois du noir. Il y a tant de beauté dans la mélancolie qu’apporte cette saison, que c’est un bonheur sans cesse renouvelé que de se laisser tomber dans ces humeurs languides qui nous bercent puis nous noient dans un spleen des plus profonds, un état oisif de semi-abattement paradoxalement agréable : on est là sans être là, à contempler la mort dans sa plus belle […]

Éloge de l’automne.


Pendant mes pérégrinations virtuelles il arrive que je tombe sur de petits billets amusants et riches en reminiscences. C’est le cas de ce petit « questionnaire littéraire » qui me vient du blog d’écrits vains. Pour la petite histoire, ce fameux questionnaire faisait du tumulte en 2009 sur Facebook où nous prenions plaisir à le remplir avec des titres de chansons en se cantonnant à un unique artiste. C’est avec un plaisir non dissimulé que je remplis à nouveau ce questionnaire en répondant à ces quelques questions avec des titres d’ouvrages. (On est loin de ma causticité habituelle… profitez-en, ce bonheur ne […]

Questionnaire littéraire.