Archives du jour : 4 octobre 2015


L’école des choix personnels. 1

Certains choix s’imposent à nous. Ils s’immiscent subrepticement et nous dictent notre conduite sur un ton péremptoire qui ne laisse plus de place aux tergiversations, atermoiements et autres veuleries qui nous permettaient de nous contenter du statu quo. Dans la tête, c’est une explosion de spontanéité, comme un cri strident poussé par un Jiminy Cricket nous exhortant à agir. Dès lors, nous ne pouvons plus reculer ; nous obéissons, peu ou prou conscients que si tout est écrit, alors la plume de l’écrivain est en train de nous écraser. La prochaine page sera peut-être celle que l’on attend. Pour pouvoir l’atteindre, il nous faut faire des choix parfois difficiles dont l’issue ne dépend pas que de nous.

Choisir. Lorsqu’on en a la possibilité, c’est une liberté. Lorsque cette possibilité se mue en une nécessité, elle devient un châtiment. Partir. S’accorcher. Se taire. Se confesser. Notre regard se perd dans l’immensité silencieuse et obscure à la recherche d’une once de lumière, une bribe de réponse dans un univers de doutes. L’âme s’est éprise de ce tourment qui nous déchire entre l’oppression libératrice de la confession et la rassurante inertie du silence.
Le long des rails, le long des routes, on titube sans ivresse comme pour dessiner une vie pleine d’embûches. Si l’on s’émeut de la beauté des aurores comme des complaintes de la pluie, c’est parce qu’on ouvre une boîte de Pandore chaque fois que l’on choisit.

« On a toujours le choix. On est même la somme de nos choix. » disait Joseph O’Connor. Faire un choix s’apparente parfois à réaliser un sacrifice sur l’autel de notre existence, une alchimie qui nécessite que l’on cède quelque chose pour obtenir autre chose en retour. La tourmente est alors plus grande encore et la question tourne à l’obsession. Entre le renoncement et grand saut vers l’inconnu, il suffit parfois d’un mot, d’un regard, d’un hasard
Quand l’heure arrive de rejoindre Morphée, on espère que le monde onirique nous offrira un « signe » qui nous montrera quel est le bon choix. S’offrir au cœur de la nuit dans une dernière supplication est l’espoir saugrenu des éternels indécis.

Battant parmi les épais nuages qui éclipsent la lune, le cœur de la nuit est une vieille mécanique rouillée : il bat au rythme du vent qui fait chanceler les arbres, il répercute des cris étouffés par les douleurs muettes : c’est le vacarme des oubliés. Derrière le bruit sourd des nuits sereines résonnent des gémissements d’âmes vagabondes.

« Celui qui a le choix a aussi le tourment. » Proverbe allemand