Archives du jour : 28 avril 2014


Moi, l’Opéra Garnier… et France Culture.

Il est des journées grises et pluvieuses qui n’augurent rien de bon ; rien de bon si ce n’est le réconfort d’être au chaud un livre à la main. Mais le monde merveilleux de l’Internet et des réseaux sociaux peut cacher derrière un retweet des expériences nouvelles et édifiantes.

C’est au détour d’un retweet d’@alaleu (amis mélomanes, je vous invite à consulter son blog) que j’ai vu qu’une journaliste de France Culture cherchait des petits donateurs ayant contribué à la rénovation de la Ceinture de Lumière de l’Opéra de Paris.
Nouveau membre de l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra national de Paris (une façon pour moi de montrer mon attachement à l’opéra), j’avais eu connaissance de cet appel au mécénat populaire mais n’y avais pas répondu ; j’y ai vu là l’occasion d’accomplir ma bonne action.

J’ai donc vécu ma première interview (pour France Culture, je ne pouvais pas espérer mieux) où je me suis voulu panégyriste (sans être exhaustif) du palais Garnier. J’aurais voulu vanter son histoire parce que c’est aussi ce qui fait sa beauté : le jeune Charles Garnier, architecte au CV presque vierge chargé de construire un édifice pour l’empereur Napoléon III (dans un style ni grec, ni Louis XVI mais dans un « style Napoléon III », de toute évidence l’impératrice « n’y connaît rien »), parler du grand escalier, qui est la première étape des mondanités de l’époque qui se poursuivaient dans le grand foyer dont l’apparence rappelle la sublime galerie des glaces du château de Versailles (un autre édifice auquel je suis particulièrement attaché). Parler enfin des quatorze années de chantier (1861-1875) qui se solderont par une inauguration par le plus royaliste des présidents de la République : Patrice de Mac Mahon. Une inauguration à laquelle participera un Charles Garnier… contraint de payer sa place !

Autre contrainte (moins désobligeante, tout de même), celle de devoir raconter comment j’en suis arrivé à être un papy à seulement 23 ans. L’occasion de lire ou relire comment un jeu vidéo m’a initié à la « musique savante ».
(À l’heure où ce divertissement est accusé de tous les maux, il est bon de montrer ses vertus)

Comme je l’ai souligné, si l’Opéra national de Paris reçoit effectivement des subventions de la part de l’État (ce n’est toutefois pas le cas pour la Ceinture de Lumière), il appartient à tous les amoureux de la musique d’agir pour préserver ce patrimoine qui leur est si cher. Aux mélomanes j’ajoute les historiens, qui je le suppose ne restent pas insensibles devant ce lieu, aux historiens j’ajoute l’ensemble des Français soucieux de pérenniser cet édifice. Le succès de cette campagne de mécénat populaire le prouve : derrière l’image surannée de l’opéra qu’ont les individus se cache l’amour des belles œuvres. Et si les Français semblent se désintéresser de ce genre musical, ils ont su répondre présent pour financer la restauration d’un des plus beaux monuments de la capitale.

Le geste, aussi infime soit-il, est lourd de sens. C’est un retour pour tout ce que nous apporte la musique, c’est une participation à la pérennité de notre Histoire, c’est tenter de garder étincelantes les étoiles qui brillent dans les yeux de tous ceux qui s’émerveillent devant l’œuvre de Charles Garnier.

Un grand merci à Angélique Forget et à France Culture.